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Italie: le secret d'Etat violé dans le procès CIA

Rome (ats/afp) La Cour constitutionnelle a donné raison mercredi au gouvernement italien dans le procès d'agents de la CIA qui est actuellement en cours en Italie. Les juges ont affirmé que le parquet avait violé le secret d'Etat dans cette affaire d'enlèvement d'un ex-imam égyptien.

Ce procès qui a été suspendu dans l'attente de la décision de la Cour, est le premier organisé en Europe sur les transfèrements secrets par la CIA (Agence centrale du renseignement américaine) de personnes soupçonnées de terrorisme.

Vingt-six agents de la CIA sont jugées par contumace à Milan, ainsi que sept Italiens, pour l'enlèvement en février 2003 de l'ancien imam égyptien Abou Omar, alors soupçonné de terrorisme.

D'après le jugement de la Cour constitutionnelle cité par l'agence Ansa, une partie des preuves sur lesquelles repose l'accusation ne sont pas recevables car les magistrats du parquet ont violé le secret d'Etat pour les obtenir.

La Cour a donc donné raison au gouvernement qui accusait le parquet de violation du secret d'Etat, en raison notamment de l'utilisation par les magistrats d'écoutes téléphoniques de membres du Sismi (services secrets italiens) dans le cadre de leur enquête.

La décision de la Cour constitutionnelle risque de fragiliser énormément la thèse du parquet antiterroriste de Milan.L'avocat du gouvernement italien Francesco Caramazza a estimé qu'il s'agissait d'une "pleine victoire" pour le gouvernement: "je suis très satisfait. Franchement, je n'en attendais pas autant", a-t-il dit.

Il avait fait valoir devant la Cour que le secret d'Etat relevait du pouvoir "politique" et pouvait être invoqué dans "le but supérieur de défendre la sécurité du pays", et donc constituer "une limite au pouvoir judiciaire".

Seulement une partie des preuves sont soumises au procès et "pas toutes les écoutes téléphoniques sont couvertes par le secret d'Etat", a de son côté déclaré à l'AFP l'avocat des magistrats du parquet, Alessandro Pace.